Belgic Confession
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La Confession de la Foi Belge
version 2 French
1
Nous croyons tous de coeur, et confessons de bouche, qu'il y a une seule et simple essence spirituelle,
laquelle nous appellons Dieu, eternel, incomprehensible, invisible, immutable, infini, lequel est tout puissant,
tout sage, juste et bon, det fontaine tres-abondante de tous biens
2
Nous le cognoissons par deux moyens: premierement
par la creation, conservation, et gouvernement du monde universel, d'autant
que c'est devant nos yeux comme un beau livre, auquel toutes creatures petites
et grandes servent de lettres, pour nous faire contempler les choses invisibles
de Dieu, assavoir, sa puissance eternelle et sa divinité
comme dit l'Apostre S. Paul: Rom. I, 20. Toutes lesquelles choses sont
suffisantes pour convaincre les hommes, et les rendre inexcusables.
Secondement il se donne à cognoistre à nous plus manifestement par sa saincte et divine parole; voire autant pleinement, qu'il nous est de besoin en ceste vie pour sa gloire, et le salut des siens.
Secondement il se donne à cognoistre à nous plus manifestement par sa saincte et divine parole; voire autant pleinement, qu'il nous est de besoin en ceste vie pour sa gloire, et le salut des siens.
3
Nous confessons que ceste parole de Dieu
n'a point esté envoyée, ni apportée par volonté
humaine; mais les saincts hommes de Dieu ont parlé estans poussez du
Sainct Esprit, comme dit S. Pierre: puis apres par le soing singulier que
nostre Dieu a de nous et de nostre Salut, il a commandé à ses serviteurs
les Prophetes et Apostres de rediger ces oracles par escrit: et luy mesme a
escrit de son doigt les deux tables de la Loy. Pour ceste cause, nous appellons
tels escrits, Escritures Sainctes et divines.
4
Nous comprenons L'Escriture saincte es deux
volumes du Viel et du Nouveau Testament, qui sont livres Canoniques, ausquels
il n'y a que repliquer. Le nombre en est tel en l'Eglise de Dieu:
Du Viel Testamen: Les cinq livres de Moyse. Genese, Exode, Levitique, Nombres, Deuteronome: Le livre de Iosué, des Iuges, Ruth, les deux livres de Samuel, et deux des Rois, les deux Paralipomenon, le premier d'Esdras, Nehemie, Esther, Iob: les Pseaumes de David, les trois livres de Salomon, asavoir, les Proverbes, l'Ecclesiaste, et le Cantique: Les quatre grands Prophetes Esaïe, Ieremie, Ezechiel, Daniel: puis les autres douze petits Prophetes: Osee, Ioel, Amos, Abdias, Ionas, Michée, Nahum, Abacuc, Sophonie, Haggée, Zacharie, Malachie.
Du Nouveau Testament Les quatre Euangelistes, S. Matthieu, S. Marc, S. Luc, S. Iehan: Les Actes des Apostres, Les quatorze Epistres de S. Paul,aux Romains, deux aux Corinthiens, aux Galates, Ephesiens, Philippiens, Colossiens, deux aux Thessaloniciens, deux à Timothée, à Tite, Philemon, aux Hebrieux: et les sept Epistres des aultres Apostres: de S. Iacques, deux de S. Pierre, trois de S. Iehan, de S. Iude, etl'Apocalypse de S. Iehan Apostre.
Du Viel Testamen: Les cinq livres de Moyse. Genese, Exode, Levitique, Nombres, Deuteronome: Le livre de Iosué, des Iuges, Ruth, les deux livres de Samuel, et deux des Rois, les deux Paralipomenon, le premier d'Esdras, Nehemie, Esther, Iob: les Pseaumes de David, les trois livres de Salomon, asavoir, les Proverbes, l'Ecclesiaste, et le Cantique: Les quatre grands Prophetes Esaïe, Ieremie, Ezechiel, Daniel: puis les autres douze petits Prophetes: Osee, Ioel, Amos, Abdias, Ionas, Michée, Nahum, Abacuc, Sophonie, Haggée, Zacharie, Malachie.
Du Nouveau Testament Les quatre Euangelistes, S. Matthieu, S. Marc, S. Luc, S. Iehan: Les Actes des Apostres, Les quatorze Epistres de S. Paul,aux Romains, deux aux Corinthiens, aux Galates, Ephesiens, Philippiens, Colossiens, deux aux Thessaloniciens, deux à Timothée, à Tite, Philemon, aux Hebrieux: et les sept Epistres des aultres Apostres: de S. Iacques, deux de S. Pierre, trois de S. Iehan, de S. Iude, etl'Apocalypse de S. Iehan Apostre.
5
Nous recevons tous ces livres-là seulement pour
saincts et Canoniques, pour regler,
fonder, et establir nostre foy: et
indubitablement croyons toutes les choses qui sont contenues en iceux, non pas
tant, pource que l'Eglise les reçoit et approuve tels; mais
principalement, pour ce que le S. Esprit nous rend tesmoignage en nostre coeur
qu'ils sont de Dieu, et aussi qu'ils
sont approuvez tels par eux-mesmes, quand les
aveugles mesme peuvent appercevoir, que les choses adviennent qui y sont
predittes
6
Nous mettons difference entre ces
saincts livres, et les livres Apocriphes: qui sont, Le 3. et 4. livre d'Esdras,
le livre de Tobie, Iudith, Sapience, Ecclesiastique, Baruc, ce qui a
esté adjousté à l'histoire d'Esther, le Cantique des trois
enfans en la fournaise, l'histoire de Susanne, l'histoire de l'Idole Bel, et du
Dragon, l'Oraison de Manasse, et les deux livres de Maccabée:
Lesquels l'Eglise peut bien lire, et d'iceux prendre instruction es choses accordantes aux livres Canoniques; maisils n'ont point telle force et vertu, que par aucun tesmoignage d'iceux, on puisse arrester quelque chose de la foy ou religion Chrestienne, tant s'en fault, qu'ils puissent ramoindrir l'autorité des autres saincts livres
Lesquels l'Eglise peut bien lire, et d'iceux prendre instruction es choses accordantes aux livres Canoniques; maisils n'ont point telle force et vertu, que par aucun tesmoignage d'iceux, on puisse arrester quelque chose de la foy ou religion Chrestienne, tant s'en fault, qu'ils puissent ramoindrir l'autorité des autres saincts livres
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Nous croyons que ceste Escriture saincte contient
parfaittement la volonté divine,
et que tout ce que l'homme doit croire pour estre sauvé, y est
suffisamment enseigné. Car puis que toute la maniere du
service, que Dieu requiert de nous, y est tres-aulong descritte les hommes, voire fussent
ils Apostres, ne doivent
enseigner autrement, que desia nous a este enseigné par les S.
Escritures, encore mesme que ce fust un Ange du
Ciel, comme dit S. Paul. Car puis qu'il
est defendu d'adjouster ni diminuer à la parole de Dieu, cela demonstre
bien que la doctrine est tresparfaitteet accomplie en toutes sortes.
Aussi ne faut comparerles escrits des hommes quelques saincts qu'ils ayent esté. aux escrits divins, ni la coustume à la verité de Dieu, (car la verité est par dessus tout,) ni le grand nombre, ni l'ancienneté, ni la succession des temps, ni des personnes, ni les Conciles, Decrets, ni Arrests; car tous hommes d'eux mesmes sont menteurs, et plus vains que la vanité mesme. Pourtant nous rejettons de tout nostre coeur tout ce qui ne s'accorde à ceste reigle infallible, comme nous sommes enseignez par les Apostres, disans, Esprouvez les esprits s'ils sont de Dieu: Item, Si aucun vient à vous et n'apporte point ceste doctrine ne le recevez point en vostre maison.
Aussi ne faut comparerles escrits des hommes quelques saincts qu'ils ayent esté. aux escrits divins, ni la coustume à la verité de Dieu, (car la verité est par dessus tout,) ni le grand nombre, ni l'ancienneté, ni la succession des temps, ni des personnes, ni les Conciles, Decrets, ni Arrests; car tous hommes d'eux mesmes sont menteurs, et plus vains que la vanité mesme. Pourtant nous rejettons de tout nostre coeur tout ce qui ne s'accorde à ceste reigle infallible, comme nous sommes enseignez par les Apostres, disans, Esprouvez les esprits s'ils sont de Dieu: Item, Si aucun vient à vous et n'apporte point ceste doctrine ne le recevez point en vostre maison.
8
Suivant ceste verité et parole de Dieu, nous
croyons en un seul Dieu, qui est
une seule essence, en laquelle il
y a trois personnes realement, et à la verité, et eternellement
distinguées selon leurs proprieztez
incommunicables, asavoir, Le Pere, Le Fils, et le S. Esprit. Le Pere estant cause, origine, et commencement de toutes
choses tant visibles qu'invisibles; Le fils, qui est la Parole, la sagesse, et l'image du Pere. Le S. Esprit la vertu et puissance
eternelleprocedante du Pere, et du Fils.
Et cependant une telle distinction ne fait pas, que Dieu soit divisé en trois, d'autant que l'Escriture nous enseigne, que le Pere, le Fils et le S. Esprit, ont un chacun sa subsistence distincte par ses proprietez, de sorte toutesfois que ces trois personnes ne sont qu'un seul Dieu. Il est donc manifeste que le Pere n'est point le Fils, et que le Fils n'est point le Pere: semblablement, que le S. Esprit n'est pas le Pere ni le Fils.
Cependant ces personnes ainsi distinctes ne sont pas divisees ny aussi confondües, ni meslées. Car le Pere n'a point prins chair ni aussi le S. Esprit mais c'a esté seulement le Fils: le Pere n'a jamais esté sans son fils ne sans son S. Esprit: pour ce quetous trois sont d'eternité esgale en une mesme essence. Il n'y a premier, ni dernier: car tous trois sont un en verité et puissance, en bonté et misericorde.
Et cependant une telle distinction ne fait pas, que Dieu soit divisé en trois, d'autant que l'Escriture nous enseigne, que le Pere, le Fils et le S. Esprit, ont un chacun sa subsistence distincte par ses proprietez, de sorte toutesfois que ces trois personnes ne sont qu'un seul Dieu. Il est donc manifeste que le Pere n'est point le Fils, et que le Fils n'est point le Pere: semblablement, que le S. Esprit n'est pas le Pere ni le Fils.
Cependant ces personnes ainsi distinctes ne sont pas divisees ny aussi confondües, ni meslées. Car le Pere n'a point prins chair ni aussi le S. Esprit mais c'a esté seulement le Fils: le Pere n'a jamais esté sans son fils ne sans son S. Esprit: pour ce quetous trois sont d'eternité esgale en une mesme essence. Il n'y a premier, ni dernier: car tous trois sont un en verité et puissance, en bonté et misericorde.
9
Nous cognoissons toutes ces choses tant par les
tesmoignages de la S. Escriture, que par les effects, et principalement par
ceux-là que nous sentons en nous. Les tesmoignages des Escritures
sainctes qui nous enseignent de croire cette S. Trinité sont escrits en
plusieurs lieux de l'Ancien Testament, qui
n'ont point besoin de denombrement, mais de choix et de discretion. Au livre de Genèse Dieu dit:
Faisons l'homme à nostre image, et selon nostre semblance, etc.: Dieu
donc crea l'homme a son image, il le crea, di-je, masle et femelle. Item: Voicy Adam est fait comme l'un de
nous. Il appert par cela, qu'il y a pluralité de personnes en la
Deité, quand il dit, Faisons l'homme
à nostre image. Et puis il monstre l'unite, quand il dit, Dieu crea. Il est vray qu'il ne dit point
là combien il y a de personnes; mais ce qui nous est aucunement obscure au Viel Testament,
nous est tresclair au Nouveau.
Car quand nostre Seigneur fust baptizé au Iordain, la voix du Pere a esté ouië, disant: Cestuy est mon fils bienaymé; le Fils est veu en l'eau; et le S. Esprit apparoist en forme d'une colombe. Et aussi au Baptesme de tous fideles cette façon a esté ordonnée de Christ: Baptizez toutes gens au nom du Pere et du Fils et du S. Esprit. En l'Evangile selon S. Luc, l'Ange Gabriel parle ainsi à Marie, mere de nostre Seigneur: Le S. Esprit surviendra en toy, et la Vertu du Souverain t'enombrera, et pourtant cela aussi qui naistra de toy sainct, sera appelé le Fils de Dieu. Item, la grace de nostre Seigneur Iesus Christ, et la charite de Dieu, et la communication du S. Esprit soit avec vous. Il y en a trois qui donnet tesmoignages au ciel: Le Pere, La Parole, et le S. Esprit, et ces trois sont u.
En tous ces lieux là sommes nous à plein enseignez des trois personnes, en une seule essence divine. Et jaçoit que cette doctrine outrepasse les entendemens humains, cependant nous la croyons maintenant par la parole, attendans, d'en avoir plein cognoissance et jouyssance au ciel. Or il fault aussi noter les Offices et Effects particuliers des trois personnes envers nous. Le Pere est appelé nostre Createur par sa vertu; le fils est nostre Sauveur et Redempteur, par son sang. Le S. Esprit est nostre sanctificateur par sa demeurance en nos coeurs. Cette doctrine de la S. Trinité a tousjours esté maintenuë en la vraye Eglise depuis le temps des Apostres jusques à present contre les Iuifs, Mahumetistes, et contre aucuns Faux Chrestiens et Heretiques, comme Marcion, Manes, Praxeas, Sabellius, Samosatenus, Arrius, et autres semblables, lesquels à bon droict ont esté condamnez par les S. Peres. Parainsi nous recevons volontiers en ceste matiere les trois Symboles, celuy des Apostres, celuy de Nice, et d'Athanase, et semblablement ce qui en a esté determiné par lesx Anciens conformement
Car quand nostre Seigneur fust baptizé au Iordain, la voix du Pere a esté ouië, disant: Cestuy est mon fils bienaymé; le Fils est veu en l'eau; et le S. Esprit apparoist en forme d'une colombe. Et aussi au Baptesme de tous fideles cette façon a esté ordonnée de Christ: Baptizez toutes gens au nom du Pere et du Fils et du S. Esprit. En l'Evangile selon S. Luc, l'Ange Gabriel parle ainsi à Marie, mere de nostre Seigneur: Le S. Esprit surviendra en toy, et la Vertu du Souverain t'enombrera, et pourtant cela aussi qui naistra de toy sainct, sera appelé le Fils de Dieu. Item, la grace de nostre Seigneur Iesus Christ, et la charite de Dieu, et la communication du S. Esprit soit avec vous. Il y en a trois qui donnet tesmoignages au ciel: Le Pere, La Parole, et le S. Esprit, et ces trois sont u.
En tous ces lieux là sommes nous à plein enseignez des trois personnes, en une seule essence divine. Et jaçoit que cette doctrine outrepasse les entendemens humains, cependant nous la croyons maintenant par la parole, attendans, d'en avoir plein cognoissance et jouyssance au ciel. Or il fault aussi noter les Offices et Effects particuliers des trois personnes envers nous. Le Pere est appelé nostre Createur par sa vertu; le fils est nostre Sauveur et Redempteur, par son sang. Le S. Esprit est nostre sanctificateur par sa demeurance en nos coeurs. Cette doctrine de la S. Trinité a tousjours esté maintenuë en la vraye Eglise depuis le temps des Apostres jusques à present contre les Iuifs, Mahumetistes, et contre aucuns Faux Chrestiens et Heretiques, comme Marcion, Manes, Praxeas, Sabellius, Samosatenus, Arrius, et autres semblables, lesquels à bon droict ont esté condamnez par les S. Peres. Parainsi nous recevons volontiers en ceste matiere les trois Symboles, celuy des Apostres, celuy de Nice, et d'Athanase, et semblablement ce qui en a esté determiné par lesx Anciens conformement
10
Nous croyons que Iesus Christ quant à sa
nature divine est le Fils unique de Dieu,
eternellement engendré, n'estant point fait ne creé (car il
seroit Creature); mais d'une essence avec le Pere
coeternel, la marque engraveé de la personne du Pere, et la resplendeur de la gloire
d'iceluy, estant en tout semblable à luy: lequel est le Fils de Dieu, non point
seulement depuis qu'il a prins nostre nature, mais de toute eternité,
comme ces temoignages nous enseignent estant
rapportez l'un à l'autre.
Moyse dit: Que Dieu a creé le monde; S. Iehan dit, que toutes choses ont esté creées par la Parole, laquelle il appelle Dieu. L'Apostre dit, que Dieu a fait les siecles par son Fils. Item que Dieu a creé toutes choses par Iesus Christ. Il fault donc que celuy qui est nommé Dieu, Parole, Fils, et Iesus Christ ait desia esté, lorsque toutes choses ont esté creées par luy. Et pourtant dit le Prophete Michée: Son issue est des les jours d'Eternité. Et l'Apostre: Il est sans commencement de jour, sans fin de vie. Il est donc le vray Dieu eternel, le tout-puissant, lequel nous invoquons, adorons et servons
Moyse dit: Que Dieu a creé le monde; S. Iehan dit, que toutes choses ont esté creées par la Parole, laquelle il appelle Dieu. L'Apostre dit, que Dieu a fait les siecles par son Fils. Item que Dieu a creé toutes choses par Iesus Christ. Il fault donc que celuy qui est nommé Dieu, Parole, Fils, et Iesus Christ ait desia esté, lorsque toutes choses ont esté creées par luy. Et pourtant dit le Prophete Michée: Son issue est des les jours d'Eternité. Et l'Apostre: Il est sans commencement de jour, sans fin de vie. Il est donc le vray Dieu eternel, le tout-puissant, lequel nous invoquons, adorons et servons
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Nous croyons et confessons aussi, que le S. Esprit
procede eternellement du Pere et du Fils, n'estant point fait ni creé ni
aussi engendré, ains seulement procedant des deux: lequel
est la troisiesme Personne de la Trinité en
ordre, d'une mesme essence et
majesté et gloire avec le Pere et
le Fils, estant vray et eternel Dieu, comme nous enseignent les Escritures
Sainctes.
12
Nous croyons que le
Pere a creé de rien le ciel et la terre et toutes
autres creatures, quand bon luy a semblé par sa
Parole, c'est à dire, par son Fils, donnant à chacune Creature
leur estre, forme et figure, et divers
offices pour servir à leur
Createur. Aussi que maintenant
mesmes il les soutient et gouverne
toutes, selon sa providence eternelle, et par sa vertu infinie pour servir
à l'homme, afin que l'homme serve à son Dieu.
Il a aussi creé les Anges bons, pour estre ses messagers, et pour servir à ses esleus: desquels les uns sont trebuschez de l’excellence, en laquelle Dieu les avoit creez, en perdition eternelle, et les autres ont persisté et demeuré en leur premier estat, par la grace de Dieu. Les diables et Esprits malins sont tellement corrompus, qu'ils sont ennemis de Dieu et de tout bien, aguettans l'Eglise, comme brigands, de tout leur pouvoir, et chacun membre d'icelle, pour tout destruire et gaster par leurs tromperies, et pourtant par leur propre malice sont condamnez à perpetuelle damnation, attendans de jour en jour leurs tourmens.
Et sur cecy nous detestons l’erreur des Sadduciens, qui nient, qu'il y ait des Esprits et des Anges, et aussi l'erreur des Manicheens, qui disent, que les Diables ont leur origine d'euxmesmes, estans mauvais de leur nature propre, sans avoir esté corrompus
Il a aussi creé les Anges bons, pour estre ses messagers, et pour servir à ses esleus: desquels les uns sont trebuschez de l’excellence, en laquelle Dieu les avoit creez, en perdition eternelle, et les autres ont persisté et demeuré en leur premier estat, par la grace de Dieu. Les diables et Esprits malins sont tellement corrompus, qu'ils sont ennemis de Dieu et de tout bien, aguettans l'Eglise, comme brigands, de tout leur pouvoir, et chacun membre d'icelle, pour tout destruire et gaster par leurs tromperies, et pourtant par leur propre malice sont condamnez à perpetuelle damnation, attendans de jour en jour leurs tourmens.
Et sur cecy nous detestons l’erreur des Sadduciens, qui nient, qu'il y ait des Esprits et des Anges, et aussi l'erreur des Manicheens, qui disent, que les Diables ont leur origine d'euxmesmes, estans mauvais de leur nature propre, sans avoir esté corrompus
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Nous croyons que ce bon Dieu, apres avoir creé
toutes choses, ne les a pas abandonnées à l’adventure, ni
àfortune, mais les conduit et gouverne
de telle façon selon sa saincte volonté, que rien n'advient en ce
monde sans son ordonnance; combien toutesfois que Dieu n'est pointautheur, ni coulpable du peché qui advient. Car sa
puissance et bonté est tellement grande et incomprehensible, que mesme
il ordonne et fait tresbien et justement son
oeuvre, quand mesmes les Diables et les meschans font injustement.
Et quand à ce qu'il fait outre passant le sens humain, nous ne voulons nous en enquerir curieusement, plus que nostre capacité ne porte, ains en toute humilité et reverence nous adorons les justes jugemens de Dieu. qui nous sont cachez, nous contentans d'estre disciples de Christ pour apprendre seulement ce qu'il nous monstre par sa parole, et ne point outrepasser ces bornes.
Ceste doctrine nous apporte une Consolation indicible, quand nous sommes apprins par icelle que rien ne nous peut venir à l'adventure; ains par l’ordonnance de nostre bon Pere celeste, lequel veille pour nous par un soing paternel, tenant toutes creatures subjettes a soy, de sorte, que pas un des cheveux de nostre teste (car ils sont tous nombrez) ni mesmes un petit oiseau, ne peut tomber en terre sans la volonté de nostre Pere; en quoy nous reposons, sachans, qu'il tient les Diables en bride, et tous nos ennemis, qui ne nous peuvent nuire sans son congé et volonté. Sur cela nous rejettons l'erreur damnable des Epicuriens, qui disent que Dieu ne se mesle de rien, et laisse aller toutes choses à l'adventure.
Et quand à ce qu'il fait outre passant le sens humain, nous ne voulons nous en enquerir curieusement, plus que nostre capacité ne porte, ains en toute humilité et reverence nous adorons les justes jugemens de Dieu. qui nous sont cachez, nous contentans d'estre disciples de Christ pour apprendre seulement ce qu'il nous monstre par sa parole, et ne point outrepasser ces bornes.
Ceste doctrine nous apporte une Consolation indicible, quand nous sommes apprins par icelle que rien ne nous peut venir à l'adventure; ains par l’ordonnance de nostre bon Pere celeste, lequel veille pour nous par un soing paternel, tenant toutes creatures subjettes a soy, de sorte, que pas un des cheveux de nostre teste (car ils sont tous nombrez) ni mesmes un petit oiseau, ne peut tomber en terre sans la volonté de nostre Pere; en quoy nous reposons, sachans, qu'il tient les Diables en bride, et tous nos ennemis, qui ne nous peuvent nuire sans son congé et volonté. Sur cela nous rejettons l'erreur damnable des Epicuriens, qui disent que Dieu ne se mesle de rien, et laisse aller toutes choses à l'adventure.
14
Nous croyons, que Dieu a creé l'homme du limon de la terre, et l'a fait
et formé à son image et semblance, bon, juste et sainct, pouvant par son vouloir accorder er.
tout au vouloir de Dieu; mais quand il a esté en
honneur ilne l'a pas entendu, et n'a pas recognu son excellence;
ainss'est volontairement assujetti à Peché, et par consequent
à mort et malediction, en prestant l'oreille à la
parole du Diable.
Car il a transgressé le commandement de vie, qu'il avoit receu, et s'est retranché de Dieu, qui estoit sa vraye vie, par son peché, ayant corrompu toute sa nature, dont il s'est rendu coulpable de mort corporelle et spirituelle, et estantdevenu meschant, pervers, corrompu en toutes ses voyes, a perdu tous ses excellens dons qu'il avoit receus de Dieu, et ne luy est demeuré de reste sinon des petites traces d'iceux, qui sont suffisantes pour rendre l'homme inexcusable, d'autant que tout ce qui est de lumiere en nous est converti en tenebres, comme l'Escriture nous enseigne, disant: La lumiere luit és tenebres, et les tenebres ne l'ont point comprise, ou sainct Iehan appelle les hommes tenebres.
Parquoy nous rejettons tout ce qu'on enseigne au contraire du franc arbitre de l'homme, parce qu'il n'est que serf de Peché, et ne peutaucune chose s'il ne luy est donné du ciel. Car qui est ce qui se vantera de pouvoir faire quelque bien comme de soy-mesme, puis que Christ dit: Nul ne peut venir à moi si mon Pere, qui m'a envoyé, ne l’attire? Qui alleguera sa volonté, entendant, que l’affection de la chair est inimitié contre Dieu? Qui parlera de sa cognoissance, voyant, que l’homme sensuel ne comprend point les choses, qui sont de l’Esprit de Dieu? Bref, qui mettra en avant une seule penseé, veu qu'il entend, que nous ne sommes pas suffisans de penser quelque chose de nous mesmes, comme de nous mesmes; mais que nostre suffisance est de Dieu? Et pourtant ce que dit l’Apostre doit à bon droict demeurer ferme et arresté, que Dieu fait en nous le vouloir et le parfaireselon son bon-plaisir. Car il n'y a entendement, ne volonté conforme à celle de Dieu, que Christ n'y ait besogné, ce qu'il nous enseigne, disant: Sans moy vous ne pouvez rien faire
Car il a transgressé le commandement de vie, qu'il avoit receu, et s'est retranché de Dieu, qui estoit sa vraye vie, par son peché, ayant corrompu toute sa nature, dont il s'est rendu coulpable de mort corporelle et spirituelle, et estantdevenu meschant, pervers, corrompu en toutes ses voyes, a perdu tous ses excellens dons qu'il avoit receus de Dieu, et ne luy est demeuré de reste sinon des petites traces d'iceux, qui sont suffisantes pour rendre l'homme inexcusable, d'autant que tout ce qui est de lumiere en nous est converti en tenebres, comme l'Escriture nous enseigne, disant: La lumiere luit és tenebres, et les tenebres ne l'ont point comprise, ou sainct Iehan appelle les hommes tenebres.
Parquoy nous rejettons tout ce qu'on enseigne au contraire du franc arbitre de l'homme, parce qu'il n'est que serf de Peché, et ne peutaucune chose s'il ne luy est donné du ciel. Car qui est ce qui se vantera de pouvoir faire quelque bien comme de soy-mesme, puis que Christ dit: Nul ne peut venir à moi si mon Pere, qui m'a envoyé, ne l’attire? Qui alleguera sa volonté, entendant, que l’affection de la chair est inimitié contre Dieu? Qui parlera de sa cognoissance, voyant, que l’homme sensuel ne comprend point les choses, qui sont de l’Esprit de Dieu? Bref, qui mettra en avant une seule penseé, veu qu'il entend, que nous ne sommes pas suffisans de penser quelque chose de nous mesmes, comme de nous mesmes; mais que nostre suffisance est de Dieu? Et pourtant ce que dit l’Apostre doit à bon droict demeurer ferme et arresté, que Dieu fait en nous le vouloir et le parfaireselon son bon-plaisir. Car il n'y a entendement, ne volonté conforme à celle de Dieu, que Christ n'y ait besogné, ce qu'il nous enseigne, disant: Sans moy vous ne pouvez rien faire
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Nous croyons, que par la desobeissance d'Adamle Peche
Originel a esté espandu par tout le genre humain; lequel est
une corruption de toute la nature, et un vice hereditaire, duquel mesme sont entachez les petits
enfans au ventre de leur Mere, et qui produit en l'homme toute
sorte de peché, y servant de racine; dont
il est tant vilainet enorme
devant Dieu, qu'il est suffisant pour condamner
le genre humain, et n'est pas aboli mesme par le Baptesme ou desraciné du tout, veu que
tousjours les bouillons en sortent comme d'une malheureuse source;
combien toutesfois qu'il ne soitpoint imputé à condamnation aux enfans de Dieu, ains pardonnépar sa grace et misericorde, non point afin qu'ils s'endorment, mais afin que le sentiment de ceste corruption face souvent gemir les fideles, desirans d'estre delivrez du corps de cette mort. Sur cela nous réjettons l'erreur des Pelagiens, qui disent, que ce peché n'est aultre chose qu'une imitation
combien toutesfois qu'il ne soitpoint imputé à condamnation aux enfans de Dieu, ains pardonnépar sa grace et misericorde, non point afin qu'ils s'endorment, mais afin que le sentiment de ceste corruption face souvent gemir les fideles, desirans d'estre delivrez du corps de cette mort. Sur cela nous réjettons l'erreur des Pelagiens, qui disent, que ce peché n'est aultre chose qu'une imitation
16
Nous croyons que toute la lignée d'Adam estant
ainsi precipitée en perdition et ruine par la faute du premier homme,
Dieu s'est demonstré tel qu'il est, a savoir, misericordieux et juste.
Misericordieux en retirant et sauvant de ceste perdition ceux, lesquels en son
conseil eternel, et immuable il a esleus et choisis par sa pure bonté en
Iesus Christ nostre Seigneur, sans aucun esgard de leurs oeuvres. Iuste, en laissantles autres en leur ruine et
tresbuschement, oú ils se
sont precipitez
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Nous croyons que nostre bon Dieu par sa merveilleuse
sagesse et bonté, voyant que l'homme s'estoit ainsi precipité en
la mort tant corporelle que spirituelle et rendu du tout malheureux s'est luy
mesme mis à le chercher, lors qu'il s'enfuyoit de luy tout tremblant, et
l'a consolé luy faisant promesse de
luy donner son Fils fait de femme pour briser la teste du serpent, et le faire
bienheureux.
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Nous confessons donc, que Dieu a accompli la promesse
qu'il avoit faite aux Peres anciens par la bouche de ses Saincts Prophetes en envoyant son propre Fils
unique et eternel au monde au temps ordonné par luy, lequel a prins la
forme de serviteur fait à la semblance des hommes prenant vrayement à soy une vraye nature humaine avec toutes les infirmitez d'icelle
(excepté Peché) estant conceu au ventre de la bienheureuse vierge
Marie par la vertu du S. Esprit sans oeuvre d'homme, et non seulement a prins
la nature humaine quant au corps, mais aussi une vraye ame humaine, afin qu'il fust vray homme. Car puis
que l'ame estoit aussi bien
perdue que le corps, il falloit
qu'il prinst à soy tous les deux, pour les sauver ensemble.
Pourtant nous confessons, contre l'heresie des Anabaptistes, nians, que Christ a pris chair humaine de sa mere, que Christ a participé la mesme chair et sang des enfans, qu'il est fruict des reins de David selon la chair, fait de la semence de David selon la chair, fruict du ventre de la vierge Marie, fait de femme, germe de David, jetton de la racine de Iesse, sorti de Iuda, descendu des Iuifs selon la chair,de la semence d'Abraham; puis qu'il a pris la semence d'Abraham et a esté fait semblable à ses freres, excepté le Peché, de sorte qu'ilest par ce moyen vrayement nostre Emanuel, c'est à dire Dieu avec nous.
Pourtant nous confessons, contre l'heresie des Anabaptistes, nians, que Christ a pris chair humaine de sa mere, que Christ a participé la mesme chair et sang des enfans, qu'il est fruict des reins de David selon la chair, fait de la semence de David selon la chair, fruict du ventre de la vierge Marie, fait de femme, germe de David, jetton de la racine de Iesse, sorti de Iuda, descendu des Iuifs selon la chair,de la semence d'Abraham; puis qu'il a pris la semence d'Abraham et a esté fait semblable à ses freres, excepté le Peché, de sorte qu'ilest par ce moyen vrayement nostre Emanuel, c'est à dire Dieu avec nous.
19
Nous croyons, que par ceste conception la personne du
Fils a esté unie et conjointe inseparablement avec la nature humaine, de
sorte qu'il n'y a point deux Fils de Dieu, ni deux personnes; ains deux natures
unies en une seule personne,
retenant chacune nature ses proprietez distinctes, ainsi que la Nature divine est
toujours demeurée increée, sans commencement des jours, ni fin de vie,
remplissant le ciel et la terre. La nature humaine n'a pas perdu ses
proprietez, mais est demeurée
Creature ayant commencement de jours, estant d'une nature finie, et retenant tout ce qui convient à un vray corps.
Et jaçoit que par sa resurrection il luy ait donné immortalité, ce neantmoins il n'a pas changé la vérité, de sa nature humaine, attendu que nostre salut et resurrection depend aussi de la verité de son corps. Mais ces deux natures sont tellement unies ensemble en une personne, qu'elles n'ont pas mesmes esté separées par sa mort.Cela donc qu'il a mourant commandé à son Pere c'estoit un vray esprit humain, lequel sortit hors de son corps; mais cependant la nature divine demeura tousjours unie avec l'humaine, mesme estant gisante au tombeau; et la divinité ne laissoitd'estre en luy, comme elle estoit en luy, quand il estoit petit enfant, combien que pour un peu de temps elle ne se demonstra pas ains.
Voilà pourquoy nous le confessons estre vray Dieu et vray homme. Vray Dieu, pour vaincre la mort par sa puissance, et vray homme, afin qu'il peust mourir pour nous selon l'infirmité de sa chain
Et jaçoit que par sa resurrection il luy ait donné immortalité, ce neantmoins il n'a pas changé la vérité, de sa nature humaine, attendu que nostre salut et resurrection depend aussi de la verité de son corps. Mais ces deux natures sont tellement unies ensemble en une personne, qu'elles n'ont pas mesmes esté separées par sa mort.Cela donc qu'il a mourant commandé à son Pere c'estoit un vray esprit humain, lequel sortit hors de son corps; mais cependant la nature divine demeura tousjours unie avec l'humaine, mesme estant gisante au tombeau; et la divinité ne laissoitd'estre en luy, comme elle estoit en luy, quand il estoit petit enfant, combien que pour un peu de temps elle ne se demonstra pas ains.
Voilà pourquoy nous le confessons estre vray Dieu et vray homme. Vray Dieu, pour vaincre la mort par sa puissance, et vray homme, afin qu'il peust mourir pour nous selon l'infirmité de sa chain
20
Nous croyons que Dieu estant tresparfaitement
misericordieux, et aussi tresjuste a envoyé son Fils prendre la nature,
en laquelle la desobeissance avoit esté commise, pour en icelleporter la
punition du peché par la
tresrigoureuse mort et passion d'iceluy. Dieu donc a declaré sa
justice envers son Fils l'ayant chargé de nos
pechez, et a espandu sa bonté, et misericorde sur nous coulpables et
dignes de damnation, nous donnant son Fils à la mort par une
tresparfaicte amour, et le ressuscitant pour nostre
justification, afin que par luy nous eussions
immortalité et vie eternelle.
21
Nous croyons que Iesus Christ est grand sacrificateur
eternellement avec serment, selon l'ordre de Melchsedech, et
s'est presenté en nostre nom devant son Pere pour appaiser son ire avec
pleine satisfaction en s'offrant soy-mesme sur le bois de la croix, et espendant
son precieux sang pour la purification de nos pechez, comme les prophetes avoyent predit. Car
il est ecrit: que la correction de nostre paix a esté mise sur le Fils de Dieu, et
que nous sommes gueris par ses playes; qu'il a esté mene
à la mort comme un agneau, mis au rang des pecheurs et condamné comme
malfaiteur par Ponce Pilate, jaçoit qu'il le prononçast
innocent.
Il a donc payé ce qu'il n'avoit point ravi et a souffert, luy juste, pour les injustes, voire en son corps et en son Ame, de sorte que, sentant l'horrible punition deuë à nos pechez, sa sueur devint comme grumeaux de sang descoulans en terre. Il a crié: mon Dieu, mon Dieu, pourquoy m'as tu delaissé? et a enduré tout cela pour la remission de nos pechez. Pourtant à bon droict nous disons avec S. Paul, que nous ne cognoissons aultre chose, sinon Iesus et iceluy crucifié; nous estimons toutes choses comme fiente pour l'excellence de la cognoissance de nostre Seigneur Iesus Christ;
nous trouvons toutes consolations en ses playes et n'avons besoin de cercher, n'inventer autre moyen pour nous reconcilier avec Dieu, que ce seul et unique Sacrifice une fois fait, lequel rend les fideles par faicts a perpetuité. C'est aussi la cause pourquoy il a esté appelé par l'Ange de Dieu Iesus Christ, c'est a dire Sauveur, d'autant qu'il debvoit sauver son peuple de ses pechez
Il a donc payé ce qu'il n'avoit point ravi et a souffert, luy juste, pour les injustes, voire en son corps et en son Ame, de sorte que, sentant l'horrible punition deuë à nos pechez, sa sueur devint comme grumeaux de sang descoulans en terre. Il a crié: mon Dieu, mon Dieu, pourquoy m'as tu delaissé? et a enduré tout cela pour la remission de nos pechez. Pourtant à bon droict nous disons avec S. Paul, que nous ne cognoissons aultre chose, sinon Iesus et iceluy crucifié; nous estimons toutes choses comme fiente pour l'excellence de la cognoissance de nostre Seigneur Iesus Christ;
nous trouvons toutes consolations en ses playes et n'avons besoin de cercher, n'inventer autre moyen pour nous reconcilier avec Dieu, que ce seul et unique Sacrifice une fois fait, lequel rend les fideles par faicts a perpetuité. C'est aussi la cause pourquoy il a esté appelé par l'Ange de Dieu Iesus Christ, c'est a dire Sauveur, d'autant qu'il debvoit sauver son peuple de ses pechez
22
Nous croyons que pour
obtenir la vraye cognoissance de ce grand mystere, le S. Esprit allume en nos
coeurs une vraye foy, laquelle
embrasse Iesus Christ, avec tous ses merites; et le fait
sien, et ne cerche plus rien hors d'iceluy. Car il faut necessairement, que
tout ce qui est requis pour nostre salut, ne soit
point en Iesus Christ; ou si tout y est, que celuy qui a Iesus Christ par foy,
aittout son salut. De
dire donc, que Christ ne suffit point, mais
qu'il y faut quelque aultre chose avec, c'est un blaspheme trop enorme contre
Dieu. Car il s'ensuivroit, que Iesus Christ ne seroit que demy Sauveur.
Et pourtant à juste cause nous disons avec Sainct Paul, que nous sommes justifiez par la seule foy, ou, par la foy sans les oeuvres. Cependant, nous n'entendons pas à proprement parler, que ce soit la foy mesme qui nous justifie: car elle n'est que l'instrument par lequelnous embrassons Christ nostre justice; mais Iesus Christ, nous alloüant tous ses merites, et tant de sainctes oeuvres qu'il a faictes pour nous, et en nostre nomy, est nostre justice, et la foy est l'instrument, qui nous tient avec luy en la communion de tous ses biens, lesquels estant faits nostres, nous sont plus que suffisans, pour nous absoudre de nos pechez
Et pourtant à juste cause nous disons avec Sainct Paul, que nous sommes justifiez par la seule foy, ou, par la foy sans les oeuvres. Cependant, nous n'entendons pas à proprement parler, que ce soit la foy mesme qui nous justifie: car elle n'est que l'instrument par lequelnous embrassons Christ nostre justice; mais Iesus Christ, nous alloüant tous ses merites, et tant de sainctes oeuvres qu'il a faictes pour nous, et en nostre nomy, est nostre justice, et la foy est l'instrument, qui nous tient avec luy en la communion de tous ses biens, lesquels estant faits nostres, nous sont plus que suffisans, pour nous absoudre de nos pechez
23
Nous croyons que nostre beatitude gist en la remission de
nos pechez à cause de Iesus Christ, et qu'en
cela est contenuë nostre justice devant Dieu, comme David et S. Paul nous enseignent, declarans
la beatitude de l'homme à qui Dieu allouë justice sans oeuvres. Et le mesme Apostre dit, que
nous sommes justifiez gratuitement,
ou de grace par la redemption
qui est en Iesus Christ. Et pourtant nous tenons ce fondement ferme a jamais,
donnans toute gloire à
Dieu en nous humilians et
recognoissans tels que nous sommes, sans
rien presumer de nous mesmes, ni de nos merites, et nous appuyons et reposons en la seule obeissance de
Christ crucifié, laquelle est nostre, quand
nous croyons en luy.
Icelle est suffisante pour couvrir toutes nos iniquitez, et nous rendre asseurez, esloignant la conscience de crainte, horreur, et espouvantement pour approcher de Dieu, sans faire comme nostre premier pere Adam, lequel tremblant se vouloit couvrir avec des feuilles de figuier. Et de fait, s'il nous falloit comparoistre devant Dieu, estant appuyez tant soit peu que ce soit sur nous, ou sur quelque autre creature, helas! nous serions engloutis. Et pourtant un chacun doit dire avec David: O Seigneur, n'entre point en jugement avec tes serviteurs, car devant toy homme qui vive ne sera justifié.
Icelle est suffisante pour couvrir toutes nos iniquitez, et nous rendre asseurez, esloignant la conscience de crainte, horreur, et espouvantement pour approcher de Dieu, sans faire comme nostre premier pere Adam, lequel tremblant se vouloit couvrir avec des feuilles de figuier. Et de fait, s'il nous falloit comparoistre devant Dieu, estant appuyez tant soit peu que ce soit sur nous, ou sur quelque autre creature, helas! nous serions engloutis. Et pourtant un chacun doit dire avec David: O Seigneur, n'entre point en jugement avec tes serviteurs, car devant toy homme qui vive ne sera justifié.
24
Nous croyons que cette vraye foy estant
engendrée en l'homme par l'ouie de la parole de
Dieu, et par l'operation du S. Esprit, le regenere et fait nouvel homme, le
faisant vivre d'une nouvelle vie, l'affranchissant de la servitude de
peché. Ainsi tant s'en fault, que cette
foy justifiante refroidisse les hommes de bien et
sainctement vivre; que tout au
rebourssans icelle jamais ils ne feront rien
pour l'amour de Dieu,mais seulement pour l'amour d'euxmesmes
et craignantd'estre damnez.
Il est donc impossible, que cette saincte foy soit oyseuse en l'homme, veu que nous ne parlons pasde la foy vaine; mais de celle, que l'Escriture appelle foy ouvrante par charité: laquelle induict l'homme a s'excercerés oeuvres que Dieu a commandées par sa parole: lesquellesoeuvres procedantes de la bonne racine de foy, sont bonnes et receuës devant Dieu, d'autant qu'elles sont toutes sanctifiées par sa grace. Cependant elles ne viennent point en conte pour nous justifier. Car c'est par la foy en Christ'que nous sommes justifiez voire devant que faire bonnes oeuvres; autrement elles ne pourroyent estre bonnes, non plus que le fruict d'un arbre ne peust estre bon, que premierement l'arbre ne soit bon.
Nous faisons doncques des bonnes oeuvres; mais non point pour meriter (car que meriterions nous?); mais plutost nous sommes redevables à Dieu, pour les bonnes oeuvres que nous faisons, et non pas luy envers nous: d'autant que c'est luy qui met en nous le vouloir et le parfaire selon son bon-plaisir, regardans à ce qui est escrit: Quand vous aurezfait tout ce qui vous est commandé, dites, nous sommes serviteurs inutiles: ce que nous debvions faire nous l'avons fait.
Nous ne voulons pas cependant nier, que Dieu ne renumere les bonnes oeuvres; mais c'est par sa grace, qu'il couronne ses dons. Au reste combien que nous faisons des bonnes oeuvres, nous n'y fondons point nostre salut, car nous ne pouvons faire aucune oeuvre qui ne soit souillée par nostre chair, et aussi digne de punition. Et quand nous en pourrions monstrer une, la memoire d'un seul peché suffit pour la rejetter devant Dieu. Par ainsi nous serions tousjours en doubte, et flottans çá et lá sans aulcune certitude, et nos povres consciences seroyent tousjours tourmentées, si elles ne se reposoyent sur le merite de la mort et passion de nostre Sauveur
Il est donc impossible, que cette saincte foy soit oyseuse en l'homme, veu que nous ne parlons pasde la foy vaine; mais de celle, que l'Escriture appelle foy ouvrante par charité: laquelle induict l'homme a s'excercerés oeuvres que Dieu a commandées par sa parole: lesquellesoeuvres procedantes de la bonne racine de foy, sont bonnes et receuës devant Dieu, d'autant qu'elles sont toutes sanctifiées par sa grace. Cependant elles ne viennent point en conte pour nous justifier. Car c'est par la foy en Christ'que nous sommes justifiez voire devant que faire bonnes oeuvres; autrement elles ne pourroyent estre bonnes, non plus que le fruict d'un arbre ne peust estre bon, que premierement l'arbre ne soit bon.
Nous faisons doncques des bonnes oeuvres; mais non point pour meriter (car que meriterions nous?); mais plutost nous sommes redevables à Dieu, pour les bonnes oeuvres que nous faisons, et non pas luy envers nous: d'autant que c'est luy qui met en nous le vouloir et le parfaire selon son bon-plaisir, regardans à ce qui est escrit: Quand vous aurezfait tout ce qui vous est commandé, dites, nous sommes serviteurs inutiles: ce que nous debvions faire nous l'avons fait.
Nous ne voulons pas cependant nier, que Dieu ne renumere les bonnes oeuvres; mais c'est par sa grace, qu'il couronne ses dons. Au reste combien que nous faisons des bonnes oeuvres, nous n'y fondons point nostre salut, car nous ne pouvons faire aucune oeuvre qui ne soit souillée par nostre chair, et aussi digne de punition. Et quand nous en pourrions monstrer une, la memoire d'un seul peché suffit pour la rejetter devant Dieu. Par ainsi nous serions tousjours en doubte, et flottans çá et lá sans aulcune certitude, et nos povres consciences seroyent tousjours tourmentées, si elles ne se reposoyent sur le merite de la mort et passion de nostre Sauveur
25
Nous croyons que les Ceremonies et figures de la Loy
ont cessé à la venuë de Christ, et
toutes ombres ont prins fin, de sorte que l'usage
en doit estre osté entre les Chrestiens. Toutesfois la verité et substance
d'icelles nous en demeure en Iesus Christ, en qui elles ont leur
accomplissement. Cependant nous usons encore des
tesmoignages prins de la Loy, et des Prophetes pour nous confermer en l'Euangile, et aussi
pour regler nostre vie en toute honesteté, à la gloire de Dieu, en suivant sa volonté
26
Nous croyons que nous n'avons aucune approche vers
Dieu sinon par un seul Mediateur et Advocat Iesus Christ le juste, qui pour
ceste cause a esté fait homme, unissant
ensemble la nature divine et humaine, afin que nous hommes ayonsentrée vers la majesté
divine; autrement nous n'y aurions point d'entrée.
Mais ce Mediateur que le Pere nous a ordonné entre luy et nous ne nous doit pas espouvanter par sa grandeur, pour nous en faire cercher un aultre à nostre fantasie; car il n'y a personne ni au ciel ni en terre entre les creatures qui nous aime plus que Iesus Christ, lequel, jaçoit qu'il fut en la forme de Dieu, s'est anneanti soy-mesme, prenant la forme d'hommeet de serviteur pour nous, et s'est fait du tout semblable à ses freres.
Si donc il nous falloittrouver un autre intercesseur, qui nous ayme plus que celuy qui a mis sa vie pour nous, lors mesmes, que nous estions ses ennemis? Et s'il en fault trouver un, qui ait credit et puissance, qui est celuy qui en a aultant, que celuy qui est assis à la dextre du Pere, et qui a toute puissance au ciel et en la terre? Et qui sera plutost exaucé, que le propre fils de Dieu bienaymé?
La seule deffiance donc a amené ceste coustume de deshonnorer les saincts au lieu de les honnorer, faisant ce que jamais ils n'ont fait ni demandé; mais l'ont rejetté constamment, et selon leur debvoir, comme il appert par leurs escrits. Il ne fault pas ici alleguer que nous ne sommes pas dignes: car il n'est pas icy question de presenter nos prieres sur nostre dignité, mais seulement sur l'excellence et dignité de Iesus Christ, duquel la justice est nostre par la foy.
Et pourtant à bon droict l'Apostre nous voulant oster cette folle crainte ou plustot deffiance, nous dit, que Iesus Christ a esté fait du tout semblable à ses freres, afin qu'il fust souverain Sacrificateur, misericordieux et fidele, pour purifier les pechez du Peuple; car par ce qu'il a souffert estant tenté, il est aussi puissant pour secourir ceux qui sont tentez.
Et puis apres afin de nous donner meilleur courage d'approcher pres de luy, il dit: Nous donc, ayans un souverain sacrificateur, Iesus fils de Dieu, qui est entré és cieux, tenons la confession: car nous n'avons point un souverain sacrificateur, qui ne puisse avoir compassion de nos infirmitez, mais qui a esté tenté de mesmes que nous en toutes choses excepté peché. Allons donc avec fiance au throsne de grace afin que nous obtenions misericorde, et trouvions grace pour estre aydez.
Le mesme Apostre dit, que nous avons liberté d'entrer au lieu Sainct par le sang de Iesus: Allons donc, dit il, en certitude de foy. Etc. Item, Christ a perpetuelle sacrificature, parquoy il peut sauver à plein ceux qui s'approchent de Dieu par luy, tousjours vivant pour interceder pour eux.
Que faut il d'avantage, puis que Christ luy mesme prononce: Ie suis la voye, la verité, la vie: Nul ne vient à mon Pere, sinon par moy? A quel propos cercherons nous un autre advocat? Puis qu'il a pleu a Dieu de nous donner son fils pour estre nostre Advocat, ne le laissons point lá pour enprendre un autre, ou plustost cercher sans jamais trouver. Car quand Dieu nous l'a donné il sçavoit bien que nous estions pecheurs. Pourtant, ensuyvans le commandement de Christ, nous invocquons le pere celeste par Christ nostre seul Mediateur comme nous sommes enseignezpar l'Oraison dominicale, estans asseurez, que tout ce que nous demandons au Pere en son Nom, nous l'obtiendrons.
Mais ce Mediateur que le Pere nous a ordonné entre luy et nous ne nous doit pas espouvanter par sa grandeur, pour nous en faire cercher un aultre à nostre fantasie; car il n'y a personne ni au ciel ni en terre entre les creatures qui nous aime plus que Iesus Christ, lequel, jaçoit qu'il fut en la forme de Dieu, s'est anneanti soy-mesme, prenant la forme d'hommeet de serviteur pour nous, et s'est fait du tout semblable à ses freres.
Si donc il nous falloittrouver un autre intercesseur, qui nous ayme plus que celuy qui a mis sa vie pour nous, lors mesmes, que nous estions ses ennemis? Et s'il en fault trouver un, qui ait credit et puissance, qui est celuy qui en a aultant, que celuy qui est assis à la dextre du Pere, et qui a toute puissance au ciel et en la terre? Et qui sera plutost exaucé, que le propre fils de Dieu bienaymé?
La seule deffiance donc a amené ceste coustume de deshonnorer les saincts au lieu de les honnorer, faisant ce que jamais ils n'ont fait ni demandé; mais l'ont rejetté constamment, et selon leur debvoir, comme il appert par leurs escrits. Il ne fault pas ici alleguer que nous ne sommes pas dignes: car il n'est pas icy question de presenter nos prieres sur nostre dignité, mais seulement sur l'excellence et dignité de Iesus Christ, duquel la justice est nostre par la foy.
Et pourtant à bon droict l'Apostre nous voulant oster cette folle crainte ou plustot deffiance, nous dit, que Iesus Christ a esté fait du tout semblable à ses freres, afin qu'il fust souverain Sacrificateur, misericordieux et fidele, pour purifier les pechez du Peuple; car par ce qu'il a souffert estant tenté, il est aussi puissant pour secourir ceux qui sont tentez.
Et puis apres afin de nous donner meilleur courage d'approcher pres de luy, il dit: Nous donc, ayans un souverain sacrificateur, Iesus fils de Dieu, qui est entré és cieux, tenons la confession: car nous n'avons point un souverain sacrificateur, qui ne puisse avoir compassion de nos infirmitez, mais qui a esté tenté de mesmes que nous en toutes choses excepté peché. Allons donc avec fiance au throsne de grace afin que nous obtenions misericorde, et trouvions grace pour estre aydez.
Le mesme Apostre dit, que nous avons liberté d'entrer au lieu Sainct par le sang de Iesus: Allons donc, dit il, en certitude de foy. Etc. Item, Christ a perpetuelle sacrificature, parquoy il peut sauver à plein ceux qui s'approchent de Dieu par luy, tousjours vivant pour interceder pour eux.
Que faut il d'avantage, puis que Christ luy mesme prononce: Ie suis la voye, la verité, la vie: Nul ne vient à mon Pere, sinon par moy? A quel propos cercherons nous un autre advocat? Puis qu'il a pleu a Dieu de nous donner son fils pour estre nostre Advocat, ne le laissons point lá pour enprendre un autre, ou plustost cercher sans jamais trouver. Car quand Dieu nous l'a donné il sçavoit bien que nous estions pecheurs. Pourtant, ensuyvans le commandement de Christ, nous invocquons le pere celeste par Christ nostre seul Mediateur comme nous sommes enseignezpar l'Oraison dominicale, estans asseurez, que tout ce que nous demandons au Pere en son Nom, nous l'obtiendrons.
27
Nous croyons et confessons une seule Eglise
Catholique, ou universelle, laquelle est
une saincte congregation et
assemblée des vrais fideles Chrestiens, attendans tout leur salut enIesus Christ, estans lavez par son
sang, et sanctifiez et scellez par le S. Esprit. Ceste
Eglise a esté dés le commencement du Monde, et sera ainsijusques à la fin, comme il
appert en ce que Christ est Roy
eternel, qui ne peut estre sans
subjects.
Et ceste S. Eglise est maintenuë de Dieu contre la rage de tout le monde, jaçoit que pour quelque temps elle soit bien petite en apparence aux yeux des hommes, et quasi comme estaincte: Comme le Seigneur pendant un temps si dangereux qu'estoit celuy d'Achab, s'est reservé sept mille hommes qui n'ont ployé le genouildevant Baal. Aussi ceste S. Eglise n'est point située, attachée, ne limitée en un certain lieu, ou à certains personnages; ains elle est espanduë et dispersée par tout le monde, estant toutesfois joincte et unie de coeur, et de volonté en un mesme Esprit par la vertu de la Foy.
Et ceste S. Eglise est maintenuë de Dieu contre la rage de tout le monde, jaçoit que pour quelque temps elle soit bien petite en apparence aux yeux des hommes, et quasi comme estaincte: Comme le Seigneur pendant un temps si dangereux qu'estoit celuy d'Achab, s'est reservé sept mille hommes qui n'ont ployé le genouildevant Baal. Aussi ceste S. Eglise n'est point située, attachée, ne limitée en un certain lieu, ou à certains personnages; ains elle est espanduë et dispersée par tout le monde, estant toutesfois joincte et unie de coeur, et de volonté en un mesme Esprit par la vertu de la Foy.
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Nous croyons, que puisque ceste saincte
Assemblée et congregation est l'assemblée des sauvez, et qu'il
n'y a point de salut hors icelle, que nul de quelque estat et
qualité qu'il soit ne se doit retirer à part, pour se contenter
de sa personne; mais tous ensemble s'y doivent renger et unir entretenans
l'unité de l'Eglise, en se submettans à
l'instruction et discipline d'icelle, ployans le col soubs le joug de Iesus
Christ, et servans à l'edification des freres selon les dons, que Dieu a
mis en eux, comme membres communs d'un mesme
corps.
Et afin que cela se puisse mieux garder, c'est le devoir de tous fideles, selon la parole de Dieu, de se separer de ceux qui ne sont point de l'Eglise, pour se renger à ceste assemblée en quelque lieu que Dieu l'ait mise, encores que les Magistrats et les edits des Princes fussent contraires, et que la mort en punition corporelle en dependist. Parainsi tous ceux, qui s'en retirent, ou ne s'y rengent contrarient à l'ordonnance de Dieu.
Et afin que cela se puisse mieux garder, c'est le devoir de tous fideles, selon la parole de Dieu, de se separer de ceux qui ne sont point de l'Eglise, pour se renger à ceste assemblée en quelque lieu que Dieu l'ait mise, encores que les Magistrats et les edits des Princes fussent contraires, et que la mort en punition corporelle en dependist. Parainsi tous ceux, qui s'en retirent, ou ne s'y rengent contrarient à l'ordonnance de Dieu.
29
Nous croyons, qu'il faut bien diligemment discerner,
et avec bonne prudence par la
parole de Dieu, quelle est la vraye Eglise, à cause que toutes les
sectes qui sont aujourd'huy au
monde se couvrent de ce nom d'Eglise. Nous ne parlons pas icy de la compagnie
des Hypocrites, qui sont meslez parmi les bons en l'Eglise, et cependant n'en sont point,
jaçoit qu'ils y soyent presens quant au corps; mais nous
parlons de distinguer le corps et
la communion de la vraye Eglise, d'avec
toutes autres sectes, qui se disent estre Eglise.
Les marques pour cognoistre la vraye Eglise sont telles: si l'Eglise use de la pure predication de l'Evangile; si elle use de la pure administration des Sacramens comme Christ les a ordonnez; si la discipline Ecclesiastique est en usage pour corriger les vices; bref, si on se regle selon la pure parole de Dieu, rejettant toutes choses contraires à icelle, tenant Iesus Christ pour le seul chef. Par cela peut on estre asseuré de cognoistre la vraye Eglise, et n'est le debvoir d'aucun d'en estre separé.
Et quant à ceux qui sont de l'Eglise, on les peut cognoistre par les marques des Chrestiens, c'est asavoir, par la foy, etquand ayans receu un seul Sauveur Iesus Christ, ils fuyent le peché, et suivent justice aymans le vray Dieu, et leurs prochains, sans se destourner à dextre ou a senestre, crucifians leur chair avec ses faits: non pas toutesfois qu'il n'y ait une grande infirmité en eux; mais ils bataillent alencontre par l'Esprit tous les jours de leur vie, ayans continuellement recours au sang, à la mort, passion et obeïssance du Seigneur Iesus, par lequel ils ont remission de leurs pechez en la foy d'iceluy.
Quant à la fausse Eglise elle s'attribuë à elle et à ses ordonnances plus d'authorité, qu'à la parole de Dieu, elle ne veult s'assujectir au joug de Christ; elle n'administre point les Sacremens selon que Christ a ordonné par sa parole, mais elle y adjouste et diminuë comme il luy plaist; elle se fonde sur les hommes plus que sur Iesus Christ, elle persecute ceux qui vivent sainctement selon la parole de Dieu, et la reprennent de ses vices, de ses avarices, de ses Idolatries. Ces deux Eglises sont aisées à cognoistre, pour les distinguer l'une d'avec l'autre
Les marques pour cognoistre la vraye Eglise sont telles: si l'Eglise use de la pure predication de l'Evangile; si elle use de la pure administration des Sacramens comme Christ les a ordonnez; si la discipline Ecclesiastique est en usage pour corriger les vices; bref, si on se regle selon la pure parole de Dieu, rejettant toutes choses contraires à icelle, tenant Iesus Christ pour le seul chef. Par cela peut on estre asseuré de cognoistre la vraye Eglise, et n'est le debvoir d'aucun d'en estre separé.
Et quant à ceux qui sont de l'Eglise, on les peut cognoistre par les marques des Chrestiens, c'est asavoir, par la foy, etquand ayans receu un seul Sauveur Iesus Christ, ils fuyent le peché, et suivent justice aymans le vray Dieu, et leurs prochains, sans se destourner à dextre ou a senestre, crucifians leur chair avec ses faits: non pas toutesfois qu'il n'y ait une grande infirmité en eux; mais ils bataillent alencontre par l'Esprit tous les jours de leur vie, ayans continuellement recours au sang, à la mort, passion et obeïssance du Seigneur Iesus, par lequel ils ont remission de leurs pechez en la foy d'iceluy.
Quant à la fausse Eglise elle s'attribuë à elle et à ses ordonnances plus d'authorité, qu'à la parole de Dieu, elle ne veult s'assujectir au joug de Christ; elle n'administre point les Sacremens selon que Christ a ordonné par sa parole, mais elle y adjouste et diminuë comme il luy plaist; elle se fonde sur les hommes plus que sur Iesus Christ, elle persecute ceux qui vivent sainctement selon la parole de Dieu, et la reprennent de ses vices, de ses avarices, de ses Idolatries. Ces deux Eglises sont aisées à cognoistre, pour les distinguer l'une d'avec l'autre
30
Nous croyons, que ceste vraye Eglise doit estre
gouvernée selon la police spirituelle que nostre Seigneur nous a
enseignée par sa parole: c'est, qu'il y ait des Ministres ou Pasteurs pour prescher la
parole de Dieu, et administrer les Sacremens, qu'il
y ait aussi des Surveillans et des Diacres, pour avec les Pasteurs estre comme le Senat de l'Eglise et
par ce moyen conserver la vraye religion, et faire que la vraye doctrine ait
son cours, et aussi que les hommes vicieux soyent corrigez spirituellement, et tenus sous bride, afin aussi que les povres et tous
affligez soyent secourus et consolez, selon qu'ils en ont de besoin.
Par ce moyen toutes choses iront bien et par bon ordre en l'Eglise, quand tels personnages seront esleuz, fideles, et selon la reigle qu'en donne S. Paul à Timothée.
Par ce moyen toutes choses iront bien et par bon ordre en l'Eglise, quand tels personnages seront esleuz, fideles, et selon la reigle qu'en donne S. Paul à Timothée.
31
Nous croyons, que les ministres de la parole de Dieu, Anciens et Diacres doivent estre
esleus en leurs offices par election legitime de l'Eglise, avec l'invocation du Nom de Dieu, par bon ordre, comme la parole de
Dieu enseigne. Un chacun donc se doit bien donner garde
de s'ingerer par moyens illicites, mais
doit attendre le temps qu'il soit appelé de Dieu, afin qu'il ait le tesmoignage de sa vocation, pour estre certain et asseuré qu'elle est du Seigneur.
Et quant aux Ministres de la parole, en quelques lieux qu'ils soyent, ils ont une mesme puissance et autorité, estans tous ministres de Iesus Christ, seul Evesque universel, et seul Chef de l'Eglise. Outreplus afin que la saincte ordonnance de Dieu ne puisse estre violée, ou venir à mespris, nous disons, qu'un chacun doit avoir les Ministres de la parole, et les Anciens de l'Eglise en singuliere estime pour l'oeuvre qu'ils font, et estre en paix avec eux sans murmure, debat, ou contention autant que faire se peut.
Et quant aux Ministres de la parole, en quelques lieux qu'ils soyent, ils ont une mesme puissance et autorité, estans tous ministres de Iesus Christ, seul Evesque universel, et seul Chef de l'Eglise. Outreplus afin que la saincte ordonnance de Dieu ne puisse estre violée, ou venir à mespris, nous disons, qu'un chacun doit avoir les Ministres de la parole, et les Anciens de l'Eglise en singuliere estime pour l'oeuvre qu'ils font, et estre en paix avec eux sans murmure, debat, ou contention autant que faire se peut.
32
Nous croyons cependant, que combien qu'il soit utile
et bon aux Gouverneurs des
Eglisesd'establir et disposer certain ordre entre eux pour
l'entretenement du corps de l'Eglise, qu'ils se doivent toutesfois bien garder
de decliner de ce que Christ nostre seul Maistre nous a ordonné.
Et pour tant nous rejettons toutes inventions humaines, et toutes loix qu'on voudroit introduire pour servir Dieu, et par icelles lier et estreindre les consciences en quelque sorte que ce soit.
Nous recevons donc seulement ce qui est propre pour garder et nourrir concorde et union, et entretenir tout en l'obeissance de Dieu, à quoy est requisel'Excommunication faite selon la parole de Dieu avec ce qui en depend.
Et pour tant nous rejettons toutes inventions humaines, et toutes loix qu'on voudroit introduire pour servir Dieu, et par icelles lier et estreindre les consciences en quelque sorte que ce soit.
Nous recevons donc seulement ce qui est propre pour garder et nourrir concorde et union, et entretenir tout en l'obeissance de Dieu, à quoy est requisel'Excommunication faite selon la parole de Dieu avec ce qui en depend.
33
Nous croyons. que nostre bon Dieu ayant esgard
à nostre rudesse et infirmité nous a ordonné des
Sacrements, pour sceller en nous ses promesses et nous estre gages de la bonne volonté et grace de Dieu envers nous, et aussi pour
nourrir et soustenir nostre foy, lesquels il a adjoustez à la
parole de l'Evangile, pour mieux representer à nos sens exterieurs tant
ce qu'il nous donne à entendre par sa parole, que ce qu'il fait
intérieurement en nos coeurs, en ratifiant en nous le salut qu'il nous communique.
Car ce sont signes et seaux visibles de la chose interieure et invisible, moyennant lesquels Dieu besoygne en nous par la vertu duSainct Esprit. Les signes donc ne sont pas vains et vuides pour nous tromper et decevoir, car ils ont Iesus Christ pour leur verité, sans lequel ils ne seroyent rien.
D'avantage nous nous contentons du nombre des Sacremens que Christ nostre Maitre nous a ordonné, lesquels ne sont que deux seulement, asavoir, Le Sacrement du Baptesme et de la S. Cene de Iesus Christ.
Car ce sont signes et seaux visibles de la chose interieure et invisible, moyennant lesquels Dieu besoygne en nous par la vertu duSainct Esprit. Les signes donc ne sont pas vains et vuides pour nous tromper et decevoir, car ils ont Iesus Christ pour leur verité, sans lequel ils ne seroyent rien.
D'avantage nous nous contentons du nombre des Sacremens que Christ nostre Maitre nous a ordonné, lesquels ne sont que deux seulement, asavoir, Le Sacrement du Baptesme et de la S. Cene de Iesus Christ.
34
Nous croyons et confessons que Iesus Christ, qui est
la fin de la Loy, par son sang respandu a mis fin à toute autre effusion
de sangqu'on pourroit ou voudroit faire pour propitiation ou satisfaction des
pechez, et ayant aboli la Circoncision qui
se faisoit par sang, a
ordonné au lieu d'icelle le Sacrement du Baptesme,
par lequel nous sommes receus en l'Eglise de Dieu et separez de tous autres
peuples, et de toutes religions estranges, pour
estre entierement dediez à luy, portant sa marque et son enseigne; et nous sert de tesmoignage, qu'il nous
sera Dieu à jamais, nous estant Pere propice.
Il a donc commandé de baptizer tous ceux qui sont siens au nom du Pere et du Fils et du S. Esprit avec eau pure, nous signifiant par cela, que comme l'eau lave les ordures du corps,quand elle est espanduë sur nous, laquelle aussi est veuë sur le corps du baptizé, et l'arrouse: ainsi le sang de Christ par le S. Esprit fait le mesme interieurement en l'ame, l'arrousant et nettoyant de ses pechez, et nous regenerant d'enfans d'ire en enfans de Dieu.
Non pas que l'eau materielle face cela; mais c'est l'arrousement du precieux sang du fils de Dieu, lequel est nostre mer rouge par laquelle il nous faut passer pour sortir hors de la tyrannie de Pharaö, qui est le Diable, et entrer en la terre spirituelle de Canaan.
Parainsi les Ministres nous baillent de leur part le Sacrement, et ce qui est visible; mais nostre Seigneur donne ce qui est signifié par le Sacrement, asavoir les dons et graces invisibles, lavant, purgeant, et nettoyant nos ames de toutes ordurez et iniquitez, renouvelant nos coeurs et les remplissant de toute consolation, nous donnant vraye asseurance de sa bonté paternelle, nous vestant le nouvel homme, et despouillant le vieil avec tous ses faits.
Pour ceste cause nous croyons que quiconque pretend parvenir à la vie eternelle doit estre une fois baptizé, sans jamais le reiterer, car aussinous ne pouvons naistre deux fois. Et toutesfois ce Baptesme ne profite pas seulement quand l'eau est sur nous, et que nous la recevons; mais profite tout le temps de nostre vie.
Sur cecy nous detestons l'erreur des Anabaptistes qui ne se contentent pas d'un seul Baptesme une fois receu, et outreplus condamnent le Baptesme des petits enfans des fideles; lesquels nous croyons devoir estre baptizés et scellés du signe de l'alliance, comme les petits enfans estoyent circoncis en Israël sur les mesmes promesses qui sont faites à nos enfans.
Et aussi à la verité, Christ n'a pas moins espandu son sang pour laver les petits enfans des fideles, qu'il a fait pour les grands. Et pourtant doivent ils recevoir le signe et le Sacrement de ce que Christ a fait pour eux: comme en la Loy le Seigneur commandoit, qu'on leur communiquast le Sacrement de la mort et passion de Christ quand ils estoyent nouveau-nez en offrant pour eux un Agneau, qui estoit le Sacrement de Iesus Christ. Et d'avantage ce que faisoit la Circoncision au peuple Iudaique, le Baptesme fait le mesme envers nos enfans. C'est la cause pourquoy S. Paul appelle le Baptesme la Circoncision de Christ.
Il a donc commandé de baptizer tous ceux qui sont siens au nom du Pere et du Fils et du S. Esprit avec eau pure, nous signifiant par cela, que comme l'eau lave les ordures du corps,quand elle est espanduë sur nous, laquelle aussi est veuë sur le corps du baptizé, et l'arrouse: ainsi le sang de Christ par le S. Esprit fait le mesme interieurement en l'ame, l'arrousant et nettoyant de ses pechez, et nous regenerant d'enfans d'ire en enfans de Dieu.
Non pas que l'eau materielle face cela; mais c'est l'arrousement du precieux sang du fils de Dieu, lequel est nostre mer rouge par laquelle il nous faut passer pour sortir hors de la tyrannie de Pharaö, qui est le Diable, et entrer en la terre spirituelle de Canaan.
Parainsi les Ministres nous baillent de leur part le Sacrement, et ce qui est visible; mais nostre Seigneur donne ce qui est signifié par le Sacrement, asavoir les dons et graces invisibles, lavant, purgeant, et nettoyant nos ames de toutes ordurez et iniquitez, renouvelant nos coeurs et les remplissant de toute consolation, nous donnant vraye asseurance de sa bonté paternelle, nous vestant le nouvel homme, et despouillant le vieil avec tous ses faits.
Pour ceste cause nous croyons que quiconque pretend parvenir à la vie eternelle doit estre une fois baptizé, sans jamais le reiterer, car aussinous ne pouvons naistre deux fois. Et toutesfois ce Baptesme ne profite pas seulement quand l'eau est sur nous, et que nous la recevons; mais profite tout le temps de nostre vie.
Sur cecy nous detestons l'erreur des Anabaptistes qui ne se contentent pas d'un seul Baptesme une fois receu, et outreplus condamnent le Baptesme des petits enfans des fideles; lesquels nous croyons devoir estre baptizés et scellés du signe de l'alliance, comme les petits enfans estoyent circoncis en Israël sur les mesmes promesses qui sont faites à nos enfans.
Et aussi à la verité, Christ n'a pas moins espandu son sang pour laver les petits enfans des fideles, qu'il a fait pour les grands. Et pourtant doivent ils recevoir le signe et le Sacrement de ce que Christ a fait pour eux: comme en la Loy le Seigneur commandoit, qu'on leur communiquast le Sacrement de la mort et passion de Christ quand ils estoyent nouveau-nez en offrant pour eux un Agneau, qui estoit le Sacrement de Iesus Christ. Et d'avantage ce que faisoit la Circoncision au peuple Iudaique, le Baptesme fait le mesme envers nos enfans. C'est la cause pourquoy S. Paul appelle le Baptesme la Circoncision de Christ.
35
Nous croyons et confessons que nostre Sauveur Iesus Christ a
ordonné et institué le Sacrement de la S. Cene pour nourrir et
substanter ceux qu'il a desja regenerez et entez en sa famille, qui est son
Eglise.
Or ceux qui sont regenerez ont en eux deux vies: l'une corporelle et temporelle, laquelle ils ont apportée dés leur premiere nativité, et est commune à tous; l'autre est spirituelle et celeste laquelle leur est donnée en la seconde nativité, qui se fait par la parole de l'Evangile en la communion du corps de Christ, et ceste vie n'est commune sinon aux esleus de Dieu.
Ainsi Dieu nous a ordonné pour l'entretenement de la vie corporelle et terrestre un pain terrestre et materiel, qui est propre à cela, lequel pain est commun à tous, comme aussi est la vie; mais pour entretenir la vie spirituelle et celeste laquelle est aux fideles, il leur a envoyé un pain vif, qui est descendu du ciel, asavoir Iesus Christ, lequel nourrit et entretient la vie spirituelle des fideles, estant mangé, c'est à dire, appliqué et receu par foy en l'esprit.
Pour nous figurer ce pain spirituel et celeste Christ a ordonné un pain terrestre et visible, qui est sacrement de son corps, et le vin pour le Sacrement de son sang, pour nous testifier, qu'aussi veritablement que nous pre nons et tenons le Sacrement en nos mains, et le mangeons et beuvons en nos bouches, dont puis apres nostre vie est substantée: aussi vrayement par foy (qui est la main, et la bouche de nostre ame) nous recevons le vray corps et le vray sang de Christ nostre seul Sauveur en nos ames pour nostre vie spirituelle.
Or c'est une chose asseurée que Iesus Christ ne nous a pas recommandé ses Sacremens pour néant. Partant il fait en nous tout ce qu'il nous represente par ces signes sacrez, combien que la maniere outrepasse nos entendemens, et nous soit incomprehensible, comme l'operation de l'Esprit de Dieu est secrette et incomprehensible. Cependantnous ne faillons pas, en disant, que ce qui est mangé est le propre et naturel corps de Christ et son propre sang, ce qui est beu; mais la maniere par laquelle nous le mangeons n'est pas la bouche, ains l'Esprit par la Foy.
Parainsi Iesus Christ demeure tousjours assis à la dextre de Dieu son Pere és cieux, et ne laisse pas pour cela de se communiquer à nous par la foy. Ce banquet est une table spirituelle en laquelle Christ se communique à nous avec tous ses biens, et nous fait joüir en icelle tant de luy-mesme que du merite de sa mort et passion, nourrissant, fortifiant, et consolant nostre pauvre ame desolée par le manger de sa chair, et la soulageant et recreant par le breuvage de son sang.
Outreplus, jaçoit que les Sacremens soyent conjoincts à la chose signifiée, ils ne sont pas toutesfois receus de tous avec ces deux choses. Le meschant prend bien le Sacrement à sa condamnation; mais il ne recoit pas la Verité du Sacrement: comme Iudas et Simon le Magicien recevoyent bien tous deux le Sacrement, mais non pas Christ, qui est signifié par iceluy; ce qui est seulement communiqué aux fideles.
Finalement nous recevons le S. Sacrement en l'assemblée du peuple de Dieu avec humilité et reverence en faisant entre nous une saincte memoire de la mort de Christ nostre Sauveur avec actions de graces et y faisons confession de nostre foy et religion Chrestienne. Parquoy nul ne se doit presenter qu'il ne soit bien esprouvé soy mesme, de peur qu'en mangeant de ce pain et beuvant de ceste couppe, il ne mange et boive son jugement. Bref nous sommes par l'usage de ce S. Sacrement esmeus à une ardente amour envers Dieu et nos prochains.
En quoy nous rejettons toutes les brouilleries et inventions damnables, que les hommes ont adjoustées et meslées auxSacremens, comme prophanations d'iceux, et disons, qu'on se doit contenter de l'ordre que Christ et les Apostres nous en ont enseigné et parler comme ils en ont parlé.
Or ceux qui sont regenerez ont en eux deux vies: l'une corporelle et temporelle, laquelle ils ont apportée dés leur premiere nativité, et est commune à tous; l'autre est spirituelle et celeste laquelle leur est donnée en la seconde nativité, qui se fait par la parole de l'Evangile en la communion du corps de Christ, et ceste vie n'est commune sinon aux esleus de Dieu.
Ainsi Dieu nous a ordonné pour l'entretenement de la vie corporelle et terrestre un pain terrestre et materiel, qui est propre à cela, lequel pain est commun à tous, comme aussi est la vie; mais pour entretenir la vie spirituelle et celeste laquelle est aux fideles, il leur a envoyé un pain vif, qui est descendu du ciel, asavoir Iesus Christ, lequel nourrit et entretient la vie spirituelle des fideles, estant mangé, c'est à dire, appliqué et receu par foy en l'esprit.
Pour nous figurer ce pain spirituel et celeste Christ a ordonné un pain terrestre et visible, qui est sacrement de son corps, et le vin pour le Sacrement de son sang, pour nous testifier, qu'aussi veritablement que nous pre nons et tenons le Sacrement en nos mains, et le mangeons et beuvons en nos bouches, dont puis apres nostre vie est substantée: aussi vrayement par foy (qui est la main, et la bouche de nostre ame) nous recevons le vray corps et le vray sang de Christ nostre seul Sauveur en nos ames pour nostre vie spirituelle.
Or c'est une chose asseurée que Iesus Christ ne nous a pas recommandé ses Sacremens pour néant. Partant il fait en nous tout ce qu'il nous represente par ces signes sacrez, combien que la maniere outrepasse nos entendemens, et nous soit incomprehensible, comme l'operation de l'Esprit de Dieu est secrette et incomprehensible. Cependantnous ne faillons pas, en disant, que ce qui est mangé est le propre et naturel corps de Christ et son propre sang, ce qui est beu; mais la maniere par laquelle nous le mangeons n'est pas la bouche, ains l'Esprit par la Foy.
Parainsi Iesus Christ demeure tousjours assis à la dextre de Dieu son Pere és cieux, et ne laisse pas pour cela de se communiquer à nous par la foy. Ce banquet est une table spirituelle en laquelle Christ se communique à nous avec tous ses biens, et nous fait joüir en icelle tant de luy-mesme que du merite de sa mort et passion, nourrissant, fortifiant, et consolant nostre pauvre ame desolée par le manger de sa chair, et la soulageant et recreant par le breuvage de son sang.
Outreplus, jaçoit que les Sacremens soyent conjoincts à la chose signifiée, ils ne sont pas toutesfois receus de tous avec ces deux choses. Le meschant prend bien le Sacrement à sa condamnation; mais il ne recoit pas la Verité du Sacrement: comme Iudas et Simon le Magicien recevoyent bien tous deux le Sacrement, mais non pas Christ, qui est signifié par iceluy; ce qui est seulement communiqué aux fideles.
Finalement nous recevons le S. Sacrement en l'assemblée du peuple de Dieu avec humilité et reverence en faisant entre nous une saincte memoire de la mort de Christ nostre Sauveur avec actions de graces et y faisons confession de nostre foy et religion Chrestienne. Parquoy nul ne se doit presenter qu'il ne soit bien esprouvé soy mesme, de peur qu'en mangeant de ce pain et beuvant de ceste couppe, il ne mange et boive son jugement. Bref nous sommes par l'usage de ce S. Sacrement esmeus à une ardente amour envers Dieu et nos prochains.
En quoy nous rejettons toutes les brouilleries et inventions damnables, que les hommes ont adjoustées et meslées auxSacremens, comme prophanations d'iceux, et disons, qu'on se doit contenter de l'ordre que Christ et les Apostres nous en ont enseigné et parler comme ils en ont parlé.
36
Nous croyons que nostre bon Dieu
à cause de la depravation du genre humain a ordonné des Roys,
Princes, et Magistrats, voulant que le monde soit gouverné par loix et
polices, afin que le desbordement des hommes soit reprimé et que tout se
conduise par bon ordre entre les hommes.
Pour ceste fin il a mis le glaive és mains du Magistrat pour punir les meschans, et maintenir les gens de bien. Et non seulement leur office est de prendre garde et veiller sur la police, ains aussi de maintenir le sacré ministere, pour oster et ruiner toute Idolatrie et faux service de Dieu, pour destruire le royaume de l'Antichrist, et advancer le royaume de Iesus Christ, faire prescher la parole de l'Evangile par tout, afin que Dieu soit honnoré et servi d'un chacun, comme il le requiert par sa parole.
D'avantage un chacun de quelque qualité, condition ou estat qu'il soit, doit estre subject aux Magistrats, et payer les tributs, les avoir en honneur et reverence, et leur obeïr en toutes choses, qui ne sont point contrevenantes à la parole de Dieu, priant pour eux en leurs oraisons, afin que le Seigneur les vueille diriger en toutes leurs voyes, et que nous menions vie paisible et tranquille en toute pieté et honnesteté.
Et sur cecy nous detestons les Anabaptistes et autres mutins, et en general tous ceux qui veulent rejetter les superioritez et Magistrats, et renverser la justice, establissans communautez de biens et confondans l'honnestetez que Dieu a mis entre les hommes.
Pour ceste fin il a mis le glaive és mains du Magistrat pour punir les meschans, et maintenir les gens de bien. Et non seulement leur office est de prendre garde et veiller sur la police, ains aussi de maintenir le sacré ministere, pour oster et ruiner toute Idolatrie et faux service de Dieu, pour destruire le royaume de l'Antichrist, et advancer le royaume de Iesus Christ, faire prescher la parole de l'Evangile par tout, afin que Dieu soit honnoré et servi d'un chacun, comme il le requiert par sa parole.
D'avantage un chacun de quelque qualité, condition ou estat qu'il soit, doit estre subject aux Magistrats, et payer les tributs, les avoir en honneur et reverence, et leur obeïr en toutes choses, qui ne sont point contrevenantes à la parole de Dieu, priant pour eux en leurs oraisons, afin que le Seigneur les vueille diriger en toutes leurs voyes, et que nous menions vie paisible et tranquille en toute pieté et honnesteté.
Et sur cecy nous detestons les Anabaptistes et autres mutins, et en general tous ceux qui veulent rejetter les superioritez et Magistrats, et renverser la justice, establissans communautez de biens et confondans l'honnestetez que Dieu a mis entre les hommes.
37
Finalement nous croyons, selon la parole de Dieu, que
quand le temps ordonné du Seigneur sera venu (lequel est incognu
à toutes creatures) et le nombre des esleus sera
accompli, nostre Seigneur Iesus Christ viendra du ciel corporellement et
visiblement, comme il y est monté, avec grande gloire et majesté,
pour se declarer estre le Iuge des vivans et des morts, mettant en feu et en
flamme ce vieil monde pour le purger.
Et lors comparoistront personnellement devant ce grand Iuge toutes creatures humaines, tant hommes que femmes et enfans, qui auront esté depuis le commencement du monde jusques à la fin, y estans adjournez par la voix d'archange, et par le son de la trompette divine. Car tous ceux qui auront paravant esté morts, ressusciteront de la terre, estant l'esprit joint et uni avec son propre corps auquel il a vescu. Et quant à ceux qui survivront lors, ils ne mourront point comme les autres, mais seront changez en un clin d'oeil, de corruption en incorruption.
Adonc seront les livres ouverts (c'est a dire les Consciences) et seront jugez les morts selon les choses qu'ils auront faictes en ce monde, soit bien, soit mal. Voire les hommes rendront compte de toutes paroles oiseuses, qu'ils auront parlé, lesquelles le monde n'estime que jeux et passetemps; et lors les cachettes et les hypocrisies des hommes serontdescouvertes publiquement devant tous.
Et pourtant à bon droict la souvenance de ce jugement est horrible et espouvantable aux iniques et meschans et fort desirable et de grande consolation aux bons et esleus, d'autant que lors sera accomplie leur redemption totale, et recevront lá les fruicts des labeurs et travaux qu'ils auront soustenus, leur innocence sera apertement cogneuë de tous, et verront la vengeance horrible que Dieu fera des meschans, qui les auront tyrannisez, affligez et tourmantez en ce monde. Lesquels seront convaincus par le propre tesmoignage de leurs consciences, et seront rendus immortels de telle façon que ce sera pour estre tourmentez au feu eternel, qui est preparé au Diable et à ses Anges;
et au contraire les fideles et esleus seront couronnez de gloire et d'honneur: le fils de Dieu confessera leur nom devant Dieu son pere et lessaincts Anges esleus, toutes larmes seront essuyées de leurs yeux; leur cause, à present condamnée par plusieurs Iuges et Magistrats comme heretique et meschante, sera cognue estre la cause du fils de Dieu: et pour recompense gratuite le Seigneur leur fera posseder une gloire telle, que jamais coeur d'homme ne pourroit penser.
Pource nous attendons ce grand jour avec desir, pour jouir à plein des promesses de Dieu en Iesus Christ nostre Seigneur.
Et lors comparoistront personnellement devant ce grand Iuge toutes creatures humaines, tant hommes que femmes et enfans, qui auront esté depuis le commencement du monde jusques à la fin, y estans adjournez par la voix d'archange, et par le son de la trompette divine. Car tous ceux qui auront paravant esté morts, ressusciteront de la terre, estant l'esprit joint et uni avec son propre corps auquel il a vescu. Et quant à ceux qui survivront lors, ils ne mourront point comme les autres, mais seront changez en un clin d'oeil, de corruption en incorruption.
Adonc seront les livres ouverts (c'est a dire les Consciences) et seront jugez les morts selon les choses qu'ils auront faictes en ce monde, soit bien, soit mal. Voire les hommes rendront compte de toutes paroles oiseuses, qu'ils auront parlé, lesquelles le monde n'estime que jeux et passetemps; et lors les cachettes et les hypocrisies des hommes serontdescouvertes publiquement devant tous.
Et pourtant à bon droict la souvenance de ce jugement est horrible et espouvantable aux iniques et meschans et fort desirable et de grande consolation aux bons et esleus, d'autant que lors sera accomplie leur redemption totale, et recevront lá les fruicts des labeurs et travaux qu'ils auront soustenus, leur innocence sera apertement cogneuë de tous, et verront la vengeance horrible que Dieu fera des meschans, qui les auront tyrannisez, affligez et tourmantez en ce monde. Lesquels seront convaincus par le propre tesmoignage de leurs consciences, et seront rendus immortels de telle façon que ce sera pour estre tourmentez au feu eternel, qui est preparé au Diable et à ses Anges;
et au contraire les fideles et esleus seront couronnez de gloire et d'honneur: le fils de Dieu confessera leur nom devant Dieu son pere et lessaincts Anges esleus, toutes larmes seront essuyées de leurs yeux; leur cause, à present condamnée par plusieurs Iuges et Magistrats comme heretique et meschante, sera cognue estre la cause du fils de Dieu: et pour recompense gratuite le Seigneur leur fera posseder une gloire telle, que jamais coeur d'homme ne pourroit penser.
Pource nous attendons ce grand jour avec desir, pour jouir à plein des promesses de Dieu en Iesus Christ nostre Seigneur.